Partager l'article ! Entretien 1 : Catibou: Mesdames, Messieurs, Je vous demande d’accueillir avec des tonnerres d’applaudissements ...
Mesdames, Messieurs,
Je vous demande d’accueillir avec des tonnerres d’applaudissements ou plutôt des clapotis pour ne pas l’ébouriffer, notre auteure qui a écrit « Les raccomodeuses des cœurs déchirés » : Catibou.
Catibou a collaboré avec Géraldine Hary sur cet album.
(En aparté : Catibou, Catibou, comment tu présenterais en deux mots l’album parcequ’ils le connaissent pas encore. D’accord. D’accord. )
Donc
voici l’histoire de cet album que vous aurez le privilège de découvrir bientôt

"Quand il arrive la plus abominable des choses quelque part, alors Poupée pleure et puis se met au
travail.
Son ouvrage est le plus beau travail qui existe au monde ;
Il est long, très long car seul le temps aide Poupée à le mener à
bien."
Bonjour Catibou, tu as trouvé facilement ?
C’était très bien, malgrès les petites erreurs d’aiguillages
d’Ingrid. Il faut lui acheter un gps. Je peux t’appeler PPI, les petits pas de ioannis ?
Bien sûr, pas de souci. Alors je ne te connais que via ton texte et par mes
mamans, peux tu me parler de toi, sans être indiscret bien sûr. Tout ceci restera confidentiel entre nous et tes lecteurs.
Je vis dans le Poitou où nous avons débarqué en 1984, quinze jours après la naissance de notre petit
dernier d’une série de trois : Lucile, Simon, Olivier en résumé Lu-si-ol ou encore « luciole » et dans l’ordre s’il vous
plait.
Evidement, sinon cela fait Siluol mais alors cela ne veut rien
dire.
Hum, oui, tu as beaucoup d’humour PPI mais il ne faut pas en abuser. Lucile est née le jour de la fête des
mamans. Simon s’il n’avait eu un peu d’avance serait né pour la sainte Catibou et même chose pour Olivier qui devait naître pour l’anniversaire de son
papa.
Les enfants ont grandi très vite, trop vite, d’autant plus que mon mari et moi-même avons repris des études à tour de rôle pendant que nos enfants étaient petits.
Tiens, je ne savais pas que les grands pouvaient eux aussi repartir à
l’école ! Je vais faire le maître d’école alors : Catibou, à l’écran d’ordinateur, récite nous tes fiches de
lecture.
Ce n’est pas difficile, PPI. Même si j’aime particulièrement Roald Dahl, j’ai plutôt des coups de cœur à droite et à gauche pour les albums comme :
l’histoire de la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête et Le canard la mort et la tulipe de wolf Elbruch
Comment j’ai sauvé mon papa et comment j’ai sauvé ma maman de Hervé Tullet
Le roi qui désirait le temps de Régine Joséphine, un texte parfait que j’aurais adoré écrire…
L’histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda, un chef d’œuvre
Clown, Ris de Jacques Duquennoy, c'est une merveille en trois couleurs, trois parties. Joli, drôle, tendre, onirique.
Mais je n’ai pas envie d’ennuyer tes lecteurs PPI, donc ils peuvent en savoir plus si ils le souhaitent en allant par là .
Bon, effectivement j’ai de la lecture, j’irais voir tous ces livres après notre
entretien.
Je suis admiratif sur le travail des auteur(e)s , comment fais-tu pour écrire ?
Au départ, il y a l’idée qui peut survenir de multiples façons : une illustration, un mot entendu ou
lu, une situation, quelqu’un, la vision d’un animal, un objet un rêve même….
Je laisse mijoter
Ensuite j’en viens à la structure de l’histoire
Je laisse mijoter
Après je cherche la situation de départ et la fin
Je laisse mijoter
Ces deux étapes peuvent se mélanger
Enfin, il y a l’écriture
Je laisse mijoter
Et ça continue avec alternance de relecture/mijotage - relecture/mijotage – etc.
Avec de multiples corrections
Je relis aussi à haute voix pour traquer ce qui choque à l’oreille. Mon mari est mon premier lecteur : Il est sans concessions !
Dans l’idée romantique que je me fais de l’écriture, j’aimerais écrire à la main. Mais je travaille mieux sur clavier et écran… Je n’aime pas travailler seule dans mon coin. Je suis même plus créative quand j’ai tout mon petit monde autour de moi, chacun vacant à ses occupations et que l’on se sent bien ensemble. Si l’atmosphère est lourde, je ne peux pas créer. Une tasse de thé ou de café à côté de moi, le feu dans la cheminée tout près, un œil sur la fenêtre pour voir du vert, indispensable à mon équilibre.
Et pour " Les raccommodeuses des cœurs
déchirés », comment a mijoté cet album ?
Je connaissais Géraldine et je lui avais déjà proposé un projet qu’elle avait accepté et pour lequel nous
n’avions obtenu aucun retour positif. Mais je trouvais ses créations très prometteuses et dans un style que j’aimais beaucoup, même si j’en aime aussi
d’autres.
Un jour en me promenant sur son blog, « la tête dans les étoiles », je suis tombée sur le dessin d’une jolie poupée et dans un article, Géraldine disait sa tristesse car dans l’école où allaient les siens, un enfant était parti trop tôt à 4 ans je crois. Ces deux choses se sont télescopées dans ma tête. Mon cerveau s’est mis en marche malgré moi et ne s’est arrêté qu’une fois le travail terminé selon ma méthode du « mijotage ». Je ne pouvais faire autrement que de proposer ce projet à Géraldine. Le texte lui a plu, je crois et le travail qu’elle a fait en retour m’a paru si beau…
J’ai essayé de mettre le plus d'humilité et de délicatesse possibles et que pour traiter ce sujet douloureux, j'y étais entrée sur la pointe des pieds ... sachant qu'on ne peut pas se mettre à la place des gens mais qu'on peut essayer avec modestie et compassion d'être juste là !
Et nous avons commencé à l’envoyer puis à recevoir des réponses assez convenues sauf une maison qui nous disait honnêtement que le texte ne leur convenait ni graphiquement, ni stylistiquement mais avait ajouté une note manuscrite avec des compliments plutôt agréables. Nous étions étonnées de n’avoir aucun retour positif tellement ce projet nous avait portées et transportées, du moins il me semble… jusqu’à …
Tam… tam …..tam….. Je sens que j’arrive là, cela va être à moi
non ?
He oui, pour la suite heureuse qui se conclue en ce moment, j’avais suivi l’arrivée des Petits pas de Ioannis
sur le forum de la luciole masquée et le 19 janvier à 22 heures 57, je leur ai envoyé notre projet. Le 20 janvier à 16 heures 47 je recevais la réponse annonçant à la fois une très bonne nouvelle
et l’autre profondément triste qui était à l’origine de la création de cette maison d’édition…
Oui, mais t’inquiète pas, je sais tout et je l’ai même raconté déjà à nos
lecteurs.
Je vais vous dire tout d’abord ce que mes mamans ont ressenti quand elles ont lu le texte. Cela a paru une évidence, une résonance de leurs cœurs. Maman Marjorie a toujours eu le plus de mal à mettre en mots ce qu’elle ressentait, et l’histoire qu’elle a eu devant les yeux sortait de sa plume d’âme. Les illustrations donnaient un sentiment de délicatesse et de nostalgie comme pour accompagner dans un cocon les petits pas des lecteurs.
Nous apprécions ta gentillesse, ton empathie, tu es une « belle » personne et je suis fière d’avoir ton nom sur une de mes couvertures.
Et si nos lecteurs, veulent en savoir toujours plus sur toi sans pour autant te retenir trop longtemps, ils peuvent aller te voir quelque part j’espère ?
Oui, PPI, sur mon blog qui s’appelle le soupir des
livres à cause d’un texte que j’ai écrit il y a
longtemps.
J’y parle de la vie, des mes coups de cœur de toute sorte, de mes projets, de mes petits voyages, de mes états d’âmes, de mes étonnements, de mes émerveillements parfois de ma tristesse et bientôt j’y parlerai de mes parutions, il y en a quelques unes…
Avant de te libérer, la cerise sur le gateau (c’est toujours bien de terminer
avec un gout sucré dans la bouche) je te demanderais juste quels sont tes projets ou ta philosophie de vie.
Donner de l’amour et de la tendresse à mes proches et à mes amis parce que la vie est rude, âpre et qu’on n’en
donne jamais assez. Cela se traduit pour moi par les mots écrits, en général je suis meilleure à l’écrit qu’à l’oral. Donc mon projet est d’écrire, écrire encore et
toujours.
Eh bien, vivement ces prochains écrits, Catibou, en tout cas je te remercie du
temps que tu nous a accordé et je te laisse retourner à tes mots et à ta famille.
Au revoir PPI et à bientôt.
FIN